III. Les professionnels: emplois, formation, tâches, représentation du métier, évolution des carrières et des professions.

Enfin, nous allons mettre en confrontation la représentation commune du métier de bibliothécaire et la réalité du métier dans toute sa complexité.

Le 23 mars 2003, le conseil national de l’Association des Bibliothécaires de France adopte le Code de déontologie du bibliothécaire.1 Celui-ci consiste à définir précisément les droits et devoirs de tout bibliothécaire. Le bibliothécaire est sous la tutelle des collectivités et doit répondre aux besoins de la communauté en matière de « culture, d’information, de formation et de loisirs ». Pour répondre à ces besoins, le personnel des bibliothèques est en charge de collections variées qui doivent savoir répondre à une pluralité d’opinion. Ces collections doivent être choisies de manière objective pour offrir aux usagers la diversité de ressources documentaires dont il a besoin pour mener à biens ses recherches d’information. Les ressources doivent donc être fiables et vérifiées par le personnel pour que les usagers puissent les utiliser en toute confiance. Le bibliothécaire est donc au service des usagers de sa structure et doit leur offrir une « égalité de traitement ». L’accès à la bibliothèque est gratuit donc le bibliothécaire doit savoir répondre aux demandes de tout type de public.

Les différents métiers qui composent le personnel des bibliothèques sont des métiers de la fonction publique. Il font partie de la filière culturelle et sont accessibles par concours qui vont de la catégorie C à la catégorie A. Les concours de catégorie C permettent d’intégrer des emplois d’exécution comme celui d’agent de bibliothèque tandis que les concours de catégorie A amènent à des postes d’encadrement supérieur et de direction. La directrice de l’établissement où j’ai fait mon stage, Yveline Dubreil, avait le principal poste de direction de l’établissement. A moins de passer des concours de la catégorie supérieur à notre poste, notre carrière en tant que bibliothécaire ne peut grimper que grâce à l’ancienneté ou à des formations.2

La représentation commune du métier de bibliothécaire est donc assez loin de la réalité car il arrive que des personnes ne sachent pas qu’il faille passer des concours pour obtenir un poste. Dans l’esprit de beaucoup de gens encore les métiers des bibliothèques sont surtout centrés autour de la conservation. La vieille image de la bibliothèque comme lieu de conservation et de réunions entre érudits reste encore dans l’esprit de certaines personnes qui n’osent pas forcément se rendre dans ce type de lieux. Même si la bibliothèque a longtemps été considérée comme un lieu de conservation de collections, une logique de flux se développe de plus en plus et vient s’ajouter à la logique de stock qui était la principale mission des bibliothèques autrfois. La logique de flux permet d’actualiser les collections des bibliothèques afin de répondre aux nouveaux besoins des usagers. Cela est possible grâce au désherbage notamment mais également grâce à l’accès à des sites gratuits ou même payants si l’établissement a payé une licence pour accéder à certains sites. De cette manière, le personnel des bibliothèques peut renouveler les collections pour les actualiser et répondre aux besoins de ses usagers tout en attirant de nouveaux publics.34 Pour cela, il faut que les bibliothécaires prennent en compte les évolutions actuelles comme celle du numérique évidemment, mais également qu’ils prennent en compte l’importance de la musique populaire chez les jeunes par exemple. Ainsi, pour attirer un public plus jeune il ne faut pas seulement proposer des classiques de la musique mais aussi des artistes plus actuels. Les médiathèques sont ainsi des lieux qui valorisent la culture qu’on pourrait qualifier de « classique » parce qu’elle est connue par la majorité de la population, mais il faut également qu’elles mettent en avant de nouveaux genre et de nouveaux artistes pour rester dans cette perspective de faire découvrir des œuvres à leurs usagers.

Avant de faire ce stage d’une semaine à la médiathèque L’Ourse de Dinard, je m’étais déjà renseignée sur les différents métiers des bibliothèques et la formation que je suis m’a permis d’accroître mes connaissances théoriques sur le milieu. Je n’ai donc pas découvert beaucoup de choses de ce point de vue là mais j’ai par contre été surprise par l’importance de l’aspect physique du métier. J’ai ressenti cet aspect physique principalement lorsque j’ai rangé les livres et documents audiovisuels. Il faut vérifier notamment tous les DVD et CD, parfois les nettoyer lorsqu’ils sont sales, pour que les usagers les retrouvent en bon état ensuite. Il faut également être bien-sûr toujours à disposition des usagers, qui peuvent venir nous poser des questions ou nous demander conseil. Dans ce cas, il faut non seulement être savoir les guider avec précision, mais aussi se déplacer constamment pour leur montrer différentes ressources que la médiathèque a à sa disposition pour que les usagers fassent ensuite leur choix. Dans l’esprit de beaucoup de personnes les bibliothécaires sont toujours derrière leur ordinateur et ne bouge pas de leur chaise mais cette vision est très loin de la réalité. Finalement, ce stage m’a confortée dans mon envie de travailler dans le milieu des livres et j’ai trouvé que la médiathèque de Dinard répondait plutôt bien à ce besoin de modernisation de l’image des bibliothèques. La structure est moderne et lumineuse, je trouvais déjà qu’elle était accueillante en tant qu’usager mais c’est également un espace agréable de travail.

1 Association des Bibliothécaires de France, Code de déontologie du bibliothécaire.

2 Décret n°92-29 du 9 janvier 1992 portant statut particulier du corps des bibliothécaires. 9 janvier 1992.

3 Fiche métier: Bibliothécaire territorial – Emploipublic.fr

4 Le métier de bibliothécaire. Ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation.

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